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Le prix du secret

Le prix du secret

Titel: Le prix du secret
Autoren: Fiona Buckley
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Ursula, jouissant de l’estime de la reine, pourrait s’y rendre en toute sécurité. Votre présence dans mon groupe équivaudrait à une protection.
    Qui aurait dit qu’un jour le père de Gerald m’appellerait sa « chère Ursula » ? Je le fixai, stupéfaite.
    — Une escorte bien armée, sous l’égide de la reine Élisabeth – qui entretient des relations diplomatiques normales avec la cour de France –, accomplirait des merveilles, approuva son fils Ambrose.
    Son pourpoint et ses hauts-de-chausses de couleur fauve étaient plus attrayants que le noir de Luke, mais, physiquement, il paraissait une version juvénile de son père et, en dépit de ses efforts, son sourire mielleux n’était guère convaincant.
    Gerald, petit, brun et chaleureux, tenait, m’avait-il dit, de sa mère depuis longtemps défunte. À coup sûr, il ne ressemblait en rien à son père ni à son frère. De plus, Gerald avait l’habitude d’en venir au fait. Ces deux-là préféraient les circonvolutions. On m’avait autorisée à les recevoir dans une pièce privée et à leur offrir des rafraîchissements. Je leur servis du vin et coupai court à ces préambules en demandant :
    — Pour quelle raison au juste voulez-vous aller en France ?
    Le motif en était assez simple. La mère de Luke Blanchard, unique héritière du manoir familial de Beechtrees, dans le Sussex, avait épousé un Français.
    — C’est à cette époque que le nom de Blanchard est entré dans la famille, comme vous le savez sans doute, précisa Luke. Auparavant, on se nommait Fitzhubert.
    La sœur de Luke s’était mariée en France avec un cousin éloigné, un autre Blanchard. Celui-ci était mort très jeune, laissant une petite fille, Hélène. Maintenant, la femme s’était éteinte à son tour.
    — Dans ses dernières volontés, expliqua mon beau-père, ma sœur me désigne comme tuteur. Hélène a seize ans. Elle réside pour l’heure chez des parents de son père, respectables à tous égards, et je me satisferais de la savoir là-bas n’était la situation en France. Une guerre civile pourrait éclater à tout moment entre catholiques et protestants.
    — Certes, confirmai-je, consciente de l’ironie de la situation.
    En tant que dame d’honneur, j’étais souvent présente quand la reine recevait des messagers et des ambassadeurs. J’en savais plus que lui sur l’équilibre précaire de la nation française.
    — Hélène, reprit Luke Blanchard, vit au château de Douceaix, dont le nom signifie « eaux douces », à faible distance du Mans. Non que l’endroit importe ; en cas de troubles, le danger serait omniprésent. En ma qualité de tuteur, je ne puis que m’en inquiéter. Je souhaite la ramener à la maison. Toutefois, je pense qu’elle devrait voyager en compagnie d’une dame de qualité, et je crains de surcroît pour ma propre personne… Je ne suis plus dans ma prime jeunesse, remarqua-t-il, l’air embarrassé. Ambrose est disposé à y aller, bien sûr…
    — Cela va de soi, affirma l’intéressé, d’un ton belliqueux.
    — … Néanmoins, j’ai déjà perdu un fils et je tiens à garder celui qui me reste.
    C’était son unique allusion au passé, jusqu’alors. Il y avait une pointe d’accusation dans sa voix, comme si notre union avait rendu Gerald plus vulnérable à la vérole. Cependant, il continua sans s’interrompre.
    — En outre, c’est moi qui suis le tuteur d’Hélène. Toi, Ambrose, tu as une épouse et des enfants en bas âge. Je préfère que tu restes en Angleterre. Si nous réussissons à la faire sortir, j’ai un bon parti en vue pour elle. Eh bien, Ursula, accepteriez-vous de m’accompagner ?
    Je n’appréciais guère Luke et Ambrose, mais cela me permettrait de m’éloigner de la cour. Puis, il était vrai que pour moi, appartenant à la maison d’Élisabeth, le risque serait moindre. Je décidai donc de partir en mars, malgré les tempêtes d’équinoxe, et d’aider mon beau-père, quoiqu’il n’eût aucun droit d’y prétendre.
    J’avais espéré trouver tous nos effets emballés en revenant de la Tour, mais, bien que Brockley fût à genoux près d’un coffre, peinant pour boucler les sangles, le couvercle de la plus grosse malle était encore ouvert et l’intérieur en désordre, car Dale en avait sorti une robe dont elle s’employait à écraser les plis à l’aide d’un linge humide et d’un fer chaud.
    — Dale, que diable faites-vous ? Cette

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