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LE CHÂTEAU DANGEREUX

LE CHÂTEAU DANGEREUX

Titel: LE CHÂTEAU DANGEREUX
Autoren: Walter Scott
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CHAPITRE PREMIER.
 
Les Deux Voyageurs.
 
    On a vu des armées prendre la fuite à ce terrible nom : oui, le nom de Douglas mort a gagné des batailles.
    John Home.
    C’était à la fin d’un des premiers jours d’automne, où la nature, dans une froide province d’Écosse, se réveillait de son sommeil de l’hiver, et où l’air du moins, sinon encore la végétation, donnait cette promesse d’un adoucissement dans la rigueur de la saison. On vit deux voyageurs dont l’apparence, à cette époque reculée, annonçait suffisamment la vie errante qui, en général, assurait un libre passage à travers un pays même dangereux. Ils venaient du sud-ouest, à peu de milles du château de Douglas, et faisaient route, à ce qu’il semblait, dans la direction de la rivière de ce nom, dont la petite vallée facilitait l’approche de cette fameuse forteresse féodale. Ce cours d’eau, petit en comparaison de l’étendue de sa renommée, servait comme d’égout aux campagnes du voisinage, et en même temps procurait les moyens d’arriver, quoique par une voie difficile, au village et au château. Les hauts-seigneurs à qui ce château avait appartenu durant des siècles auraient pu sans doute, s’ils l’avaient voulu, rendre cette route plus unie et plus commode ; mais ils n’avaient encore que bien peu brillé ces génies qui, par la suite, ont appris à tout le monde qu’il vaut mieux prendre le chemin le plus long en faisant un circuit autour du pied de la montagne, que la gravir en ligne droite d’un côté, et la descendre directement de l’autre, sans s’écarter d’un seul pas pour suivre un chemin plus aisé ; moins encore songeait-on à ces merveilles qui sont dernièrement sorties du cerveau de Mac Adam. Mais, à dire vrai, comment les anciens Douglas auraient-ils pu appliquer ses théories, quand même ils les eussent connues aussi perfectionnées qu’elles le sont aujourd’hui ? Les machines servant au transport des objets et munies de roues, excepté du genre le plus grossier et pour les plus simples opérations de l’agriculture, étaient absolument inconnues. La femme même la plus délicate n’avait pour toute ressource qu’un cheval, ou, en cas de grave indisposition, une litière. Les hommes se servaient de leurs membres vigoureux ou de robustes chevaux pour se transporter d’un lieu dans un autre ; et les voyageurs, les voyageuses particulièrement, n’éprouvaient pas de petites incommodités dans la nature raboteuse du pays. Parfois un torrent grossi leur barrait le passage et les forçait d’attendre que les eaux eussent diminué de violence. Souvent la rive d’une petite rivière était emportée par suite d’une tempête, d’une grande inondation ou de quelque autre convulsion de la nature ; et alors il fallait s’en remettre à sa connaissance des lieux, ou prendre les meilleures informations possibles pour diriger sa route de manière à surmonter des obstacles si terribles.
    Le Douglas sort d’un amphithéâtre de montagnes qui bornent la vallée au sud-ouest, et c’est de leurs tributs ainsi qu’à l’aide des orages qu’il entretient son mince filet d’eau. L’aspect général du pays est le même que celui des collines pastorales du sud de l’Écosse, formant comme d’ordinaire de pâles et sauvages métairies, dont la plupart ont été, à une époque encore plus éloignée de la date de cette histoire, recouvertes d’arbres, comme plusieurs d’entre elles l’attestent encore en portant le nom de Shaw , c’est-à-dire forêt naturelle. Sur les bords même du Douglas le terrain était plat, capable de produire d’abondantes moissons d’avoine et de seigle, et permettait aux habitans de tirer tout l’usage possible de ces productions. À peu de distance des bords de la rivière, si l’on en exceptait quelques endroits plus favorisés, le sol susceptible de culture était de plus en plus entrecoupé de prairies et de bois, qui, bois et prairies, venaient se terminer par de tristes marécages en partie inaccessibles.
    C’était surtout une époque de guerre, et nécessairement il fallait bien que toute circonstance de simple commodité cédât au sentiment exclusif du péril ; c’est, pourquoi les habitans, au lieu de chercher à rendre meilleures les routes qui les mettaient en communication avec d’autres cantons, étaient charmés que les difficultés naturelles qui les entouraient ne les missent pas dans la nécessité de construire

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