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Le faucon du siam

Le faucon du siam

Titel: Le faucon du siam
Autoren: Axel Aylwen
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    AXEL
    AYLWEN
    Le Faucon du Siam

    En 1679, à vingt-cinq ans,   Constantin
Phaulkon marin anglais d'origine grecque, débarque dans le Royaume du Siam,
alors à l'apogée de sa
magnificence. ? C'est aussitôt le coup de foudre. Il adopte le mode de vie
local, apprend la langue, s'introduit à la Cour, où son intelligence et son
habileté lui vaudront de devenir le Barcalon ou Premier ministre du roi,
qu'il incitera à faire alliance avec la France de Louis XIV pour contre-balancer
les appétits commerciaux et coloniaux de la Hollande, du Portugal, de
l'Angleterre.

    Mais bien des intrigues agitent le petit monde raffiné et
subtil des courtisans; elles traverseront ses amours avec Sunida, l'espionne
royale, dont il s'est passionnément épris...
    C'est en s'appuyant sur les témoignages et récits
d'époque qu'Axel Aylwen a pu conter l'extraordinaire - et véridique - aventure
de Phaulkon, et brosser autour d'elle un tableau foisonnant d'une civilisation
splendide et méconnue, mêlant l'érotisme et l'exotisme, le romanesque et
l'histoire.
    C'est vif, enlevé, comme un Spielberg de cape et
d'épée. On n 'a qu 'une crainte : que le mot « fin » apparaisse.
    Pour ma famille si chère à mou cœur, Mère, Bennie,
Sasha et Christopher
    Ce livre s'inspire de l'histoire mais il ne prétend pas
la suivre fidèlement. Toutes les archives du Siam ont été détruites au xviii 6 siècle quand les envahisseurs birmans ont mis à sac
sa capitale, Ayuthia, et les récits laissés par les étrangers de l'époque —
jésuites, missionnaires et aventuriers — sont pour la plupart contradictoires.
Trois cents ans plus tard, qui donc pourrait prétendre rapporter ce qui s'est
vraiment passé ?

     
     
    1
    Bantam, Java, 1676
    C'était un matin lourd dans les rues bruyantes et
encombrées de Bantam. De souples paysannes de Sumatra, portant en équilibre sur
la tête des cruches en terre, se mêlaient à des colporteurs coiffés de chapeaux
de coolie chinois, des perches posées sur leurs épaules nues, au bout
desquelles étaient suspendues des jarres de riz et de thé. Des nobles, drapés
dans des batiks multicolores, étaient suivis d'esclaves javanais à la peau sombre,
à demi nus et qui tenaient des ombrelles au-dessus de la tête de leur maître
pour le protéger, selon les circonstances, du soleil brûlant ou des averses de
pluie. Des gardiens de troupeaux conduisaient des bœufs pâles aux yeux
nostalgiques dans les rues encroûtées de boue, les aiguillonnant avec des
bâtons affûtés, une main nerveuse posée sur leur croupe couverte de mouches
afin de les guider dans la foule. Des chiens méfiants et efflanqués flairaient
le sol, en quête de subsistance.
    Dans une petite ruelle, sans se soucier de toute
l'agitation autour d'eux, deux hommes étaient assis à une véranda en bois,
plongés dans une longue conversation. L'un d'eux, manifestement l'aîné, plein
de vie, doté d'un gros ventre et d'une barbe bouclée, était sans doute le plus
grand marchand d'Asie. L'autre, un jeune homme d'environ vingt-cinq ans au
regard ardent et aux traits énergiques, avec un teint de Médi-terranéen, penché
en avant sur sa chaise de rotin, buvait chaque parole de son interlocuteur.
Sous l'auvent de la véranda, ils avaient bavardé toute la nuit jusqu'à l'aube
en buvant du cognac à petites gorgées dans de délicats verres vénitiens. Cela
faisait un an que les deux hommes ne s'étaient pas vus et ils avaient beaucoup
de choses à se raconter : les femmes, les potins sur la Compagnie, les rêves et
les déceptions.
    Le plus âgé changea soudain d'expression et se pencha sur
son fauteuil. Un moment, il observa d'un air songeur son élève, comme pour
s'assurer une dernière fois que le jeune homme méritait sa confiance. Puis il
reprit :
    « Nous allons bientôt recevoir la visite d'un Espagnol de
noble ascendance qui est en proie à des problèmes financiers. Il affirme avoir
cinq magnifiques canons à vendre.
    — Des canons ? demanda Phaulkon surpris.
    — Parfaitement, mon garçon. Et j'envisage de les
acheter. » George White marqua un temps. « Pour que tu les transportes jusqu'au
Siam.
    — Au Siam ! » Constantin Phaulkon siffla entre ses
dents. Le seul nom de cet endroit l'avait toujours impressionné : bien mieux,
il sentait que son destin était lié à cette terre exotique et à demi interdite,
dont les vastes ressources étaient encore intactes et qui ne faisait
qu'entrouvrir sa porte au monde

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