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Le cri de l'oie blanche

Le cri de l'oie blanche

Titel: Le cri de l'oie blanche
Autoren: Arlette Cousture
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Les Filles de Cale b Tome 1 Le chant du co q
     
    Ce premier tome du très beau roman d’Arlette
Cousture se divise en quatre grandes parties qui représentent les principales
étapes de la vie d’Émilie, depuis son adolescence jusqu’à l’orée de son âge
mûr.
    Lors de son premier affrontement avec son
père, Caleb, qu’elle adore et craint à la fois, elle ose lui tenir tête et lui
fait remarquer ce qu’elle considère comme une injustice envers les filles de la
maison, le mauvais partage des tâches sur la ferme. Elle exprime en même temps
son besoin irrépressible de continuer à étudier pour devenir maîtresse d’école.
    Et la voilà, quelques années plus tard, en
charge d’une classe nombreuse, qu’elle apprend à tenir avec fermeté et à mener
jusqu’aux succès de fin d’année. À travers les joies et les petits drames quotidiens,
elle se fait aimer des enfants et apprécier des adultes de la région. Durant
ses premières années d’enseignement, elle se lie d’amitié avec des voisins et
certains élèves, et devient amoureuse d’un de ceux-ci.
    Mais Ovila est de ces êtres à la sensibilité
vite écorchée ; profondément amoureux d’Émilie, il comprend mal qu’elle ne
se consacre pas entièrement à lui lorsqu’il l’appelle à l’aide et il quitte la
région sur un malentendu.
    Ce premier nuage annonce tous ceux qui
s’amoncelleront sur leurs têtes et nous laisse entrevoir ce que sera leur
vie : un tissu dont la chaîne sera de joies profondes et de moments
passionnés, comme ceux qu’ils vivent au lendemain de leurs noces dans une
cabane qu’il a amoureusement construite pour elle au fond des bois, ou comme ce
voyage qu’ils font à Montréal après la naissance de leur première fille. Mais
un tissu dont la trame sera constituée d’incompréhension mutuelle, d’exigences
lourdes à porter et de promesses maintes fois répétées et autant de fois
trahies, d’une misère croissante ponctuée de naissances régulières et de morts
douloureuses.
    De débâcles en retrouvailles, à travers des
efforts de recommencement nourris par un amour véritable, Émilie et Ovila se
retrouvent finalement à Shawinigan avec leurs huit enfants. Mais là s’achève
aussi leur vie commune, lorsque Ovila est obligé de fuir, poursuivi qu’il est
par une bande de gars à qui il doit de l’argent. Émilie fuit en catastrophe de
son côté, avec ses neuf enfants. Et, dans le train qui la ramène à Saint-Tite,
elle regarde tous ces petits dont elle est désormais seule responsable.
« … J’ai fait partir Ovila pour le protéger. J’ai fait partir Ovila pour
me protéger. Je n’avais plus le choix. »

PREMIÈRE PARTIE
1918-1921
     
     
     

1
     
    Un rayon de soleil s’amusa à chatouiller les
paupières d’Émilie. Elle ouvrit les yeux, prête à sourire à la vie, quand le
nuage des événements de la veille vint lui en brouiller l’envie. Elle regarda
par la fenêtre et reconnut, à travers la brume matinale qui commençait à
essayer de se lever elle aussi, la silhouette de Saint-Tite. Elle s’étira
discrètement, puis porta les mains à sa nuque et essaya, tant bien que mal, de
remettre en place son chignon défait qui lui pendait dans le cou. Elle retint
entre ses lèvres chacune des pinces au fur et à mesure qu’elle les arrachait de
ses cheveux noués, puis les recracha une par une aussitôt qu’elle eut décidé de
l’endroit sur sa tête qui, ce matin, accueillerait le chignon. Son âme étant
partout sauf en elle, elle décida qu’aujourd’hui elle porterait le chignon
haut, pour se donner ne fût-ce que l’illusion que sa tête suivrait.
    Rolande, devant elle, s’agita et ouvrit les
yeux. Elle grimaça d’inconfort et de crainte, son petit esprit de bébé mettant
plus de temps à reconnaître les lieux. Voyant que sa langue commençait à
trembler, Émilie s’empressa de dire « chuuuut », ce qui attira le
regard de Rolande. Elle vit enfin sa mère et sourit, toute crainte évanouie.
Émilie lui rendit son sourire et monta son chignon encore plus haut.
    Elle se leva aussitôt qu’elle sentit les roues
commencer à glisser sur la voie plutôt que d’y rouler, signal que quelqu’un
essayait d’arrêter la course nocturne du train. Le chef de train releva sa
casquette et lui indiqua qu’ils arriveraient sous peu en lui montrant dix
doigts. Émilie fit un signe d’assentiment. Elle enfila ses chaussures, les laça
puis frotta énergiquement

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