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L’armée du roi de France

Titel: L’armée du roi de France
Autoren: Xavier Hélary
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Introduction
    Premiers jours du mois de juillet 1304 : Philippele Bel s’apprête à prendre la tête de son armée. De Paris, la première étape de son voyage le conduit à Saint-Denis. C’est là, dans cette abbaye où reposent la plupart de ses prédécesseurs, que Philippe reçoit l’oriflamme, l’antique étendard dont les moines prétendent avoir la garde depuisCharlemagne. La tradition, en réalité, est plus récente. Ce n’est qu’au début du XII e  siècle que les Capétiens ont pris l’habitude de faire précéder leur entrée en campagne d’une cérémonie solennelle. Mais, depuisLouis VI, tous les rois sont venus lever l’oriflamme à Saint-Denis. Après un détour par les forêts giboyeuses de Normandie, qu’il affectionne particulièrement, Philippele Bel gagne Arras. Depuis 1297, la ville est devenue le point de concentration habituel de l’armée royale quand elle entend marcher contre les Flamands. À la fin du mois de juin 1302, c’est d’Arras que le comte d’Artois est parti pour sa dernière campagne. Son objectif : mater la révolte des Brugeois qui menace de chasser de tout le comté de Flandre les agents royaux qui l’occupent. Mais, le 11 juillet, sous les murs de Courtrai, son armée a été taillée en pièces par les Flamands. Robert d’Artois, leconnétable de France et les grands officiers de l’armée, plusieurs des barons et des chevaliers les plus aguerris sont tombés aux côtés de centaines d’hommes d’armes. Pendant deux ans, leroi et sa noblesse se sont montrés incapables de venger l’humiliation que leur ont infligée les artisans flamands. En septembre 1302 puis à l’été 1303, de grandes armées se sont réunies, sans rien faire. Le prestige de la chevalerie française, l’autorité et l’honneur du roi sont en péril. Quand il arrive à Arras, le 22 juillet 1304, Philippele Bel sait qu’il n’a plus le choix : il doit livrer bataille. Depuis le mois de mai, baillis et sénéchaux – l’équivalent de nos préfets – ont eu pour mission de mobiliser les vassaux et les nobles ainsi que tous les contingents que doivent bonnes villes, évêques et abbés. Les collecteurs du subside pour la guerre ont été mis en demeure de faire rentrer au plus vite les sommes dues. Il faut néanmoins emprunter pour couvrir les frais de la guerre. À Arras, le roi trouve une armée de bonne taille. Charles deValois et Louis d’Évreux, ses deux frères, sont là, comme les autres grands féodaux, le duc deBourgogne, le duc deBretagne, le comte deSaint-Pol. Plusieurs barons du Midi ont traversé le royaume pour se joindre à lui. C’est toute la noblesse qui s’est rassemblée. Le 29 juillet, Philippele Bel prend la direction de Tournai. L’armée royale avance prudemment à la recherche de l’ennemi. Dans l’entourage du roi, pourtant, on hésite. On commence même à négocier. Le 11 août, néanmoins, la flotte flamande est envoyée par le fond. C’est de bon augure. À Mons-en-Pévèle, une semaine plus tard, le 18 août, après plusieurs jours pendant lesquels ils sont restés l’arme au pied, Français et Flamands s’affrontent enfin. Longtemps indécise, la bataille tourne à l’avantage des Français. Le désastre de Courtrai est vengé. Mais l’armée royale a payé un lourd tribut. Au cours des combats,Philippe lui-même a été en mauvaise posture. Anselme deChevreuse, le porteur de l’oriflamme, a été tué, comme beaucoup de ceux qui entouraient le roi. Les Flamands ne sont d’ailleurs que vaincus : ils sont loin d’être anéantis. Pour montrer à tous qu’il a bel et bien remporté la bataille, Philippele Bel se rend en pèlerinage à Notre-Dame de Boulogne, offre une statue le représentant à cheval et en armes à Notre-Dame de Paris et une autre à Notre-Dame de Chartres. Tout le royaume doit savoir que la Vierge a donné au roi la victoire et l’a protégé de ses ennemis. Dès l’année suivante,Philippe s’empresse de conclure la paix avec les Flamands. Poursuivre la guerre contre eux est trop risqué.
    La campagne de l’été 1304 illustre à merveille le propos de ce livre. Les objectifs assignés à la guerre, la levée et la composition des armées, l’emprise du roi sur la noblesse et sur l’Église, l’essor de l’administration royale et de la fiscalité, la nature des combats et le sort des combattants, l’importance des symboles et la maîtrise de la communication : tels sont les enjeux de

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