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Interdit

Interdit

Titel: Interdit
Autoren: Elizabeth Lowell
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régu-
    lière de l’étranger.
    — Je prie pour que vous soyez un inconnu…
    murmura-t-elle.
    Elle soupira et reprit son ouvrage, caressant doucement
    le torse puissant de l’homme. Sa toison masculine l’intri-
    guait et lui plaisait à la fois. Elle aimait lisser cet enchevê-
    trement piquant sous ses doigts, sentir sa résistance et sa
    caresse amusante sous ses paumes.
    — Avez-vous retiré vos vêtements afin de pénétrer
    dans le cercle sacré et de dormir sain et sauf au pied du
    sorbier ?
    L’homme laissa échapper un murmure.
    — Oui, dit-elle avec enthousiasme. Oh, oui, mon
    guerrier. Venez dans la lumière dorée. Laissez l’obscurité
    derrière vous.
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    INTERDIT
    Bien que l’homme ne répondît pas, Ambre exultait. Il
    émergeait enfin lentement, très lentement, de son sommeil
    anormal. Elle ressentit son plaisir à être ainsi touché,
    caressé, aussi clairement que s’il l’avait dit.
    Pourtant, toujours aucun souvenir ne lui parvenait de sa
    part. Pas d’images, pas de noms, pas de visages.
    — Où vous cachez-vous, mon sombre guerrier ?
    demanda-t-elle. Et pourquoi ?
    Elle écarta du front de l’étranger d’épaisses mèches de
    sa chevelure noire et souple.
    — Quoi que vous craigniez, vous devez vous réveiller
    bientôt. Ou vous serez à jamais perdu dans des ténèbres qui
    ne prendront fin qu’avec votre mort.
    L’étranger demeura silencieux. Comme si elle avait ima-
    giné son murmure un instant auparavant.
    Elle se releva péniblement. Dans la coupelle d’encens
    fixée au mur, le morceau de gemme en forme de larme était
    presque consumé. Elle alluma un autre précieux fragment
    prélevé dans sa réserve d’ambre médicinal. Une volute fine
    et parfumée de fumée s’éleva dans les airs.
    Le corps de l’étranger tressaillit, mais il ne se réveilla
    pas. Elle soupira. Et s’il ne se réveillait jamais ? C’était ce qui
    arrivait trop souvent à ceux qui étaient frappés par une
    pierre, une longue épée ou le sabot d’un cheval. Ils tom-
    baient dans un sommeil sans rêves, sans jamais plus se
    réveiller.
    « Ça ne peut arriver à cet homme. Il est à moi ! »
    L’intensité de ses sentiments la surprit. Elle se mit à faire
    les cent pas dans sa chaumière, mal à l’aise. Au bout d’un
    moment, elle se rendit compte que l’aurore dardait des
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    ELIZABETH LOWELL
    lances de lumière entre les volets. Au-delà des murs, les
    coqs chantaient leur victoire sur la nuit qui se mourait.
    Ambre jeta un œil au-dehors par une fente là où les
    volets ne se rejoignaient pas. L’orage automnal qui avait été
    la perte de l’étranger avait traversé la terre. Dans son sillage
    somnolait un monde nouveau, scintillant de rosée et de
    possibilités.
    D’ordinaire, à cette heure-là, Ambre était dans le jardin,
    à ramasser les herbes qu’elle faisait pousser pour Cassandra
    et elle. Ou bien elle était au marais pour voir si les volées
    d’oies sauvages avaient commencé, et avec elles, la certitude
    de l’hiver approchant.
    Mais ce jour-là n’avait rien d’ordinaire. Il n’y avait rien
    eu d’ordinaire depuis l’instant même où elle avait touché
    l’homme sans nom et découvert qu’elle était née pour être
    l’âme sœur de cet homme.
    Elle retourna près du lit et posa délicatement ses doigts
    sur la joue de l’étranger. Il était toujours pris dans les filets
    de cet étrange sommeil.
    — Mais plus aussi profondément, je crois. Quelque
    chose change…
    Dehors, les coqs s’étaient tus, indiquant à Ambre que le
    soleil se levait comme à son habitude.
    — Si vous vous réveillez, je vais vous faire peur. Je dois
    être aussi dépenaillée qu’un jardin en hiver.
    Ambre se nettoya le visage avec une bassine d’eau
    chaude et du savon aux essences naturelles de pin. Elle
    enfila une chemise propre en lin, remit ses bas rouges en
    place et passa une épaisse robe de laine douce.
    Cette robe était également un cadeau de Lord Robert,
    par l’intermédiaire de son fils Erik, pour la remercier de
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    INTERDIT
    fournir sa maisonnée en fines herbes séchées. La broderie
    dorée du col contrastait joliment avec la couleur indigo de la
    laine. La robe était doublée de lin jaune, qui se voyait par
    transparence le long de ses manches et sur l’ourlet de la
    robe.
    Lorsqu’elle eut fini de s’habiller, le tissu dessinait parfai-
    tement les courbes de ses seins, de sa taille et de ses han-
    ches. Elle retroussa le bout

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