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Au Coeur Du Troisième Reich

Au Coeur Du Troisième Reich

Titel: Au Coeur Du Troisième Reich
Autoren: Benoît Lemay , Albert Speer , Michel Brottier
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devenir son assistant. Tout ça est naturellement d’un bien grand optimisme et ne fait qu’indiquer la voie que je suivrai dans le meilleur des cas. » Six mois après avoir passé mon examen, j’étais son assistant. J’avais trouvé en lui mon premier catalyseur, jusqu’au moment où, sept ans plus tard, je le remplaçai par un autre plus puissant.
    J’estimais fort, également, notre professeur d’histoire de l’architecture. Le professeur Daniel Krenker, Alsacien de naissance, n’était pas seulement un archéologue passionné, mais également un patriote sensible : montrant un jour, dans un de ses cours, la cathédrale de Strasbourg, il éclata en sanglots et dut interrompre son cours. C’est avec lui que je fis mon diplôme sur le livre d’Albrecht Haupt, L’Architecture des Germains . Mais, à la même époque, j’écrivis à ma fiancée : « Un peu de mélange de races est toujours bon. Et si aujourd’hui nous sommes sur le déclin, ce n’est pas parce que nous sommes une race mélangée. Car nous l’étions déjà au Moyen Age quand nous avions encore en nous une force de germination, que nous étions en pleine expansion, chassant les Slaves de Prusse ou transplantant la culture européenne en Amérique. Nous déclinons parce que nos forces sont usées. Nous connaissons le même sort que les Égyptiens, les Grecs ou les Romains. Il n’y a rien à faire. »
    Les années 20 brossèrent le décor fertilisant de mes études berlinoises. De nombreuses manifestations théâtrales m’impressionnèrent beaucoup : Le Songe d’une nuit d’été dans la mise en scène de Max Reinhardt, La Pucelle d’Orléans de Shaw avec Élisabeth Bergner, Schwejk dans la mise en scène de Piscator avec Pallenberg. Mais les revues à grand spectacle de Charell, avec leur débauche de moyens, me fascinaient également. Curieusement, je ne trouvais, au contraire, aucun plaisir à la pompe pleine d’enflure de Cecil B. De Mille. Je ne pouvais pas soupçonner que dix ans plus tard je dépasserais cette architecture cinématographique. Je trouvais encore ces films « d’un mauvais goût très américain ».
    Mais toutes ces impressions étaient assombries par la pauvreté et le chômage. Le livre de Spengler, Le Déclin de l’Occident , m’avait convaincu que nous vivions dans une période de décadence, dont les symptômes, inflation, décadence des mœurs, impuissance de l’État, rappelaient l’époque du Bas-Empire romain. L’essai Prussianisme et Socialisme me fascina par son mépris du luxe et du confort. L’enseignement de Spengler et celui de Tessenow se rejoignaient là. Pourtant mon professeur, contrairement à Spengler, gardait espoir en l’avenir. Il tournait son ironie contre la mode du culte du héros. « Peut-être y a-t-il autour de nous des héros méconnus, véritablement grands, qui, forts de leur volonté et de leur savoir supérieur, sont fondés à accepter même les situations les plus sinistres, les considérant comme des péripéties sans importance, et s’en moquant.Peut-être, avant que l’artisanat et la petite ville puissent s’épanouir à nouveau, faudra-t-il qu’il pleuve du soufre. Leur floraison exige peut-être des peuples ayant traversé l’enfer  4  . »
    A l’été 1927, après neuf semestres d’études, j’obtins mon diplôme. Au printemps suivant je devins, à vingt-trois ans, l’un des plus jeunes assistants de l’École. Lors d’une vente de charité organisée juste avant la fin de la guerre, une diseuse de bonne aventure avait prophétisé : « Tu atteindras vite à la gloire et tu te retireras vite. » J’avais quelques raisons de me souvenir de cette prédiction, car je pouvais supposer avec quelque certitude que si je le voulais, j’enseignerais un jour comme professeur à la Haute École technique.
    Cette place d’assistant nous permit de nous marier. Notre voyage de noces, nous ne le fîmes pas en Italie, mais avec notre canot pliant et notre tente, dans la région de ces lacs mecklembourgeois, retirés du monde et entourés de forêts. Nous mîmes nos bateaux à l’eau à Spandau, à quelques centaines de mètres de la prison où je devais passer vingt ans de ma vie.

2.
    Profession et vocation
    En 1928 déjà, j’ai failli devenir architecte d’État et de cour. L’émir Aman Allah khan qui régnait sur l’Afghanistan, voulait réformer son pays. A cet effet, il désirait faire appel à de jeunes techniciens allemands.

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